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Damien Ruliere

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Essai Porsche Cayenne Diesel : enfin raisonnable ?

Véritable best-seller de la marque, le Cayenne est avec l’Audi Q7 la figure de proue des SUV luxueux et bourrés de chevaux, plus habitués des artères urbaines que des chemins boueux. Aujourd’hui, le colosse allemand adopte une mécanique diesel, une première dans l’histoire de Porsche. Certains crient déjà au scandale, d’autres au coup marketing, nous saluerons plutôt la démarche, preuve d’un certain civisme. Alors le Cayenne en est-il pour autant devenu raisonnable ? Réponse en essai.



Lancée en 2003, le Cayenne est la première Porsche dotée de portes à l’arrière et de cinq places. Restylé en 2007, son physique imposant a plutôt bien vieilli, et c’est tant mieux puisqu’il faudra qu’il tienne encore un peu, un nouveau 4X4 n’étant pas d’actualité à Stuttgart. Face avant massive, énormes entrées d’air symboles de son désir de croquer le bitume, le Cayenne n’en reste pas moins plaisant à regarder même si sa partie arrière se révèle assez conventionnelle. À noter qu’extérieurement, rien ne permet de distinguer une version diesel d’une version essence classique, pas même un monogramme ni même les sorties d’échappement.

Le seul indice se trouve au niveau du compte-tours dont la zone rouge débute à 4 500 trs/min. La première fois, ça fait un choc d’autant que l’ambiance intérieure est typiquement Porsche avec ses cadrans ronds, son cuir à profusion et sa clé de contact à gauche. Sur le plan de l’ergonomie, comme toujours rien à dire, on notera simplement une finition peut-être en deçà des autres productions de la marque. L’espace est généreux, le volume du coffre également (540 L), même si vu le gabarit de l’engin on s’attendait à mieux surtout à l’arrière.

Au chapitre de l’équipement, le Cayenne Diesel est proposé en un seul niveau de finition avec climatisation manuelle, ordinateur de bord, sellerie cuir, sièges électriques, radio CD MP3, antibrouillards et c’est à peu près tout. Pour le superbe toit ouvrant panoramique de notre modèle d’essai comptez 3 289 EUR, le GPS (PCM) est quant à lui facturé 3 157,44 EUR. Régulateur de vitesse, feux xénon et aide au stationnement font également partie du catalogue des options.



Conversion réussie

La grande nouveauté sur ce Cayenne c’est bien entendu son moteur diesel. Pioché dans la banque d’organes Volkswagen – groupe auquel Porsche risque d’être intégré prochainement au même titre qu’Audi – ce V6 d’une cylindrée de 3.0 L délivre 240 ch et un couple conséquent de 550 Nm, rien de trop en somme pour déplacer plus de 2 tonnes. Associé à la boîte Tiptronic S, ce nouveau coeur mazout brille par sa souplesse et son silence de fonctionnement, un effort ayant été fourni au niveau de l’échappement pour limiter son bruit typique de diesel. Les relances sont vives et les accélérations conduisent rapidement à des vitesses passibles d’emprisonnement. N’en déplaise aux militants du tout essence, l’agrément est supérieur à celui du V6 3,6L essence de 290 ch et les consommations sont bien inférieures : 10 L/100 km en moyenne lors de notre essai. Enfin, dernier point fort de cette mécanique, les sacro-saintes émissions de CO2 chutent à 244 g/km (296 g pour le V6 essence) ce qui permet au Cayenne d’échapper au super malus.

Côté comportement, sa parenté avec le Volkswagen Touareg ne passe pas inaperçue, la direction est avare en information et la prise de roulis importante. L’amortissement paraît peut-être un peu plus ferme, mais il joue clairement la carte du confort et le fait d’ailleurs très bien. Bon point aussi pour la transmission intégrale qui offre un plus indéniable en matière de motricité donc de sécurité. N’espérez donc pas attaquer comme une brute à son volant, il laisse ça aux 911, Boxster et autres Cayman, son truc à lui ce sont les longs trajets, les kilomètres étant avalés en silence et sans la moindre fatigue.

Grâce à son moteur diesel, le Cayenne s’impose comme la Porsche raisonnable : puissante, confortable, pratique et maintenant économe. Proposé à partir de 58 208 EUR, soit presque 8 000 EUR de plus que son cousin le Touareg, il sonne peut-être le glas du V6 essence et revient dans la course face à une concurrence diéselisée depuis belle lurette. Il permet surtout d’accéder au mythe Porsche tout en « préservant » son porte-monnaie et sa conscience.

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