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Damien Ruliere

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Essai Mazda 3 2.2 Skyactiv-D 150 ch – Impatience récompensée

Après seulement quatre ans d’existence, la Mazda 3 II cède déjà sa place à une troisième génération. Un remplacement aussi rapide est assez rare mais le programme Mazda Skyactiv ne semble pas pouvoir attendre. Et là où on pourrait craindre un « gros restylage », on a en réalité affaire à une toute nouvelle voiture dotée de grandes ambitions.
Positionnée à mi-chemin entre les modèles généralistes et les premiums allemands, la compacte japonaise ne manque pas de charisme et sa montée en gamme confirme les nouvelles ambitions de Mazda.

Pas sûr qu’après un brillant CX-5 et une convaincante berline 6 Mazda ait besoin de confirmer à sa montée en gamme. Qu’importe, la firme d’Hiroshima enfonce le clou avec cette nouvelle 3 et le fait sur un segment au volume très important.
Rien qu’en France les berlines compactes représentent  15% du marché avec environ 250 000 voitures. C’est également le segment le plus concurrentiel avec bon nombre de modèles très récents comme les Volkswagen Golf, Seat Leon, ou plus récemment encore la nouvelle Peugeot 308.

Et plutôt que d’affronter directement ces poids-lourds du marché déjà bien installés, Mazda opte comme toujours pour une stratégie décalée fondée notamment sur des dimensions importantes, un équipement complet et des motorisations puissantes.

Si ce n’est pas du premium, ça y ressemble

On ne peut pas dire que la deuxième génération de Mazda 3 était vraiment démodée, mais force est de reconnaître qu’elle prend un sérieux coup de vieux avec cette troisième mouture.
Transposant le style« Kodo » des CX-5 et 6 au format compact, elle séduit par son dynamisme, accentué par ce long capot façon BMW Série 1.  Et ses courbes voluptueuses ne sont pas sans rappeler une autre compacte de caractère, une certaine Alfa Romeo Giulietta. Pourtant, la nouvelle Mazda 3 ne ressemble à aucune de ses concurrentes et profite de sa propre personnalité.

Elle se démarque aussi par ses dimensions généreuses : 4,46 m en longueur soit autant que la génération 2 mais quand même 21 cm de plus qu’une nouvelle 308 et seulement 7 cm de moins qu’une Citroën DS5. La Mazda 3 se montre donc valorisante pour son conducteur en termes de design et de gabarit.

Malheureusement, à l’image des dernières nouveautés Mazda, on ne retrouve pas la même audace dans l’habitacle.
La Mazda 3 essaye là aussi de proposer une ambiance qui lui est propre tout en piochant les bonnes idées à la concurrence : austérité typiquement allemande, écran multimédia perché façon Mercedes Classe A et instrumentation sportive aux accents de Volvo V40. Seulement la mayonnaise ne prend pas et l’accueil manque de chaleur.
Dommage car les matériaux utilisés sont dans l’ensemble rassurants et la disposition des différentes commandes est cohérente.  Autres bons points qui deviennent une excellente habitude chez Mazda : une position de conduite parfaite et des assises de grande qualité.

Enfin au chapitre habitabilité, la Mazda se classe dans la moyenne haute du segment sans pour autant se démarquer. Sa taille respectable est certes un atout, d’autant que l’empattement s’allonge de 6 cm, mais les progrès ne sont pas aussi sensibles que nous l’avions imaginé.
Et le coffre ne gagne qu’une vingtaine de litres (364 L) ce qui est encore insuffisant pour se frotter aux 420 L d’une 308.

Un équipement de base complet

Un des gros points forts de cette nouvelle Mazda 3 c’est sa dotation complète. En effet, son prix de base, 27 200 € pour l’Elegance, peut sembler élevé au premier abord mais il ne faut pas oublier que le plus petit moteur diesel (pour le moment) développe 150 ch et que la navigation est livrée en série. Sont également présents : climatisation bi-zone, système Bluetooth, jantes alliage 16 pouces et radars de recul.
1 800 € plus chère, la version Dynamique rajoute notamment les feux bi-xénon, le système audio Bose et l’affichage tête haute.
Enfin, contre une rallonge de 3 400 €, la finition Sélection comprend la sellerie cuir, les sièges électriques, les feux adaptatifs et directionnels, le régulateur de vitesse adaptatif et l’avertisseur de franchissement de ligne.

Raisonnable, pour quoi faire ?

A l’heure où les performances et les sensations sont plus que jamais sacrifiées sur l’autel du politiquement correct et des normes environnementales, Mazda prouve qu’un bon bilan énergétique n’est pas incompatible avec une motorisation puissante et une grosse cylindrée.

2.2 L 150 ch, quasiment un anachronisme à une époque où le 1.6 L 110 ch commence à devenir un gros moteur. Bien évidement Mazda devra proposer une mécanique diesel plus modeste afin de baisser son prix d’appel et ainsi toucher davantage de monde mais il faut relever  une chose : ce bloc qui affiche le taux de compression le plus bas au monde pour une voiture de série (14 /1) est déjà compatible Euro6 sans le moindre dispositif de traitement des particules.

Grâce à un couple de 380 Nm disponible dès 1 800 trs/min et jusqu’à près de 3 000 trs/min, le 2.2 L Skyactiv-D offre une plage d’utilisation très large et l’étagement intelligent de sa boîte n’oblige pas à jouer du levier à la moindre relance. Côté consommations, nous avons réalisé une moyenne de 6,4 L/100 km. Un bon résultat compte tenu du rythme imprimé et des routes empruntées.

Malgré tout un peu vibrant et grondant à bas régimes, ce 4 cylindres doté de tous les raffinements en vogue (bloc alu, double turbo à géométrie variable, injection directe, levée variable des soupapes, start & stop  et récupération d’énergie au freinage) manque peut-être de progressivité en ville. Son truc à lui ? Les espaces bien dégagés où il propulse cette Mazda 3 au rang de routière. Un statut confirmé par un châssis bien dimensionné et qui pourrait certainement supporter davantage de puissance sans modification.

Il faut dire que la Mazda 3 repose sur une plate-forme raccourcie de Mazda 6 et en reprend également les trains roulants. Elle hérite donc logiquement des bonnes manières de sa grande sœur. Bien équilibrée, légère (1 400 kg) et donc agile, elle profite  d’un train avant incisif doublé d’une direction idéalement calibrée.
Routière accomplie, la Mazda 3 n’en est pas moins un régal à mener sur les portions sinueuses.  Son ensemble moteur/châssis lui permet d’offrir des prestations dignes des modèles premium allemands, modèles qui n’ont cessé ces dernières années de se rapprocher du segment supérieur des berlines familiales.
La Mazda 3 leur emprunte même leurs habitudes en matière d’amortissement, à savoir  un bon niveau de confort mais un penchant assez marqué pour la fermeté. Elle absorbe donc bien les grandes cassures mais a tendance à chahuter à faible allure sur les petites aspérités.

Notre bilan

Le manque de visibilité de la marque et son prix (de 27 200 € à 32 400 € avec le 2.2 L Skyactiv-D)  fait qu’on ne pensera pas à elle en premier. Dommage car cette nouvelle Mazda 3 est une voiture séduisante à plus d’un titre. Design affirmé, qualité de fabrication, agrément de conduite, équipement généreux, la Mazda 3 se met au niveau des références.

 

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